Expressions moijeuses

Parce qu'une langue vivante ne cesse d'évoluer et que les Moijeux n'hésitent pas à créer de nouvelles expressions en permanence, leurs paroles sont parfois difficiles à comprendre. Voyons quelques particularités de ce fameux langage moijeux...

Didi : ce mot est une interjection. Accompagné la plupart du temps d'un point d'exclamation, il exprime un sentiment vif, une certaine excitation. « Didi ! » peut par exemple s'employer quand on éprouve de l'admiration ou bien de la colère. Exemple : « Didi ! T'es vraiment un Takolen ou tu me prends pour un perroq ? » Notons au passage que les linguistes s'interrogent encore sur l'origine de ce mot « Didi ». Sans doute s'agit-il d'un mélange de « Dis, dis » (avec le verbe dire à l'impératif présent, répété deux fois pour presser son interlocuteur) et de « Sapristi ! » (qui signifiait un sentiment vif dans des temps archaïques). On ne sait pas au juste...

Batch : à la fois interjection et adverbe, ce mot est très courant et accompagne souvent une insulte pour la renforcer. Quelqu'un de « batch morvak » est ainsi franchement repoussant, absolument écœurant, tant physiquement que moralement. Utilisé seul avec un point d'exclamation, l'interjection « Batch ! » s'apparente à un « Didi ! » mais est nettement plus vulgaire. Le simple fait de l'employer à voix haute dans un dôme de cours est ainsi passible d'une amende de plus de dix bannots avec certains professeurs !

Être plus bête encore qu'un éphangore : les Moijeux étant persuadés que l'éphangore est un animal particulièrement stupide, il n'est pas surprenant de le voir apparaître dans plusieurs expressions relatives à l'intelligence. Ainsi un Moijeu dira par exemple : « Je ne suis pas le dernier des éphangores, tout de même ! » pour préciser à son interlocuteur qu'il n'est pas idiot, qu'il n'est pas naïf. Le problème, bien sûr, c'est que les Moijeux se trompent ! Comme son espèce évolutive précédente, l'éléphant, l'éphangore est au contraire loin d'être stupide et est même pourvu d'une solide mémoire !

Ne pas avoir plus de cervelle qu'un chat irradié : cette expression facile à comprendre vient de la troisième guerre mondiale au cours de laquelle, comme chacun sait, un nombre considérable d'animaux domestiques, notamment des chats, ont péri suite à des radiations ou, au mieux, s'en sont sortis vivants mais avec des capacités cognitives extrêmement diminuées. Précision : cette expression est à ne pas confondre avec « être accro au B2 irradié » qui, elle, désigne une personne très étrange qui semble prendre des substances illicites, par exemple du B2 irradié.

Férer : verbe du 1er groupe, transitif. Le mot est issu d'une lente évolution phonétique du verbe « transférer » et signifie aujourd'hui « donner, fournir ».

Avoir une idée en fenêtre : cette expression est héritière des Temps Pré-Modernes au cours desquels on utilisait des écrans d'ordinateur et des « fenêtres » pour délimiter des zones rectangulaires d'affichage en deux dimensions. Un tel archaïsme peut évidemment aujourd'hui nous faire sourire ! Pourtant c'est bien là l'origine de l'expression « avoir une idée en fenêtre » qui signifie « avoir une idée en tête et de façon obsessionnelle ».